Par une chaude journée de juillet, Kenya l’éléphante était en train de prendre tout son temps pour sortir de sa caisse de transport et rejoindre son nouveau foyer. Au bout d’une demi-heure, l’éléphante africaine de six tonnes a fini par en sortir. Elle s’est ébrouée pour chasser la poussière, a inspecté brièvement les environs, puis s’est roulée sur un monticule de terre rouge.
« Elle l’a fait comme une petite fille », raconte Juan Ignacio Haudet, directeur de la biodiversité et de l’écoparc de Mendoza, en Argentine. C’était la première fois en trois ans de travail auprès d’elle qu’il la voyait folâtrer, se baigner tout entière ou même prendre du plaisir à se nourrir.
Kenya était la dernière éléphante captive d’Argentine. Elle est arrivée au Sanctuaire mondial des éléphants, au Brésil, l’unique sanctuaire pour éléphants d’Amérique du Sud, après plusieurs mois de préparation à sa réinsertion à l’Ecopark Mendoza, où elle avait passé ses quarante années de vie en captivité.
Sa libération plus tôt cette année a été rendue possible par une loi argentine datant de 2016, adoptée sous la pression croissante de l’opinion publique et grâce au plaidoyer d’associations de défense des animaux, imposant la fermeture des zoos du pays, leur transformation en écoparcs et le transfert des animaux exotiques dans des sanctuaires ou dans des centres de sauvetage.